Pont-à-Mousson : passionné d’accordéon depuis soixante-dix ans

Source: http://www.estrepublicain.fr/

Il anime des rendez-vous festifs depuis des années. A 83 ans, Jo Chery et son orchestre nourrissent une passion qu’ils aiment partager.

 

Jo Chery, entouré de son fils Alain (au premier plan) et de Giovani, lors du repas de Noël des Seniors qui s’est déroulé tout récemment à l’Espace Montrichard.

Il fait partie de ces artistes qui ne se contentent pas de s’adonner à leur passion. Mais qui aiment la partager. Pour donner une part de bonheur et faire planer un peu de rêve autour d’eux.

D’ailleurs, il y a encore quelques jours, c’est devant quelque cinq cents personnes que l’accordéoniste Jo Chery et son orchestre se sont produits à l’Espace Montrichard, à l’occasion du repas de Noël des seniors, organisé par le Centre communal d’action sociale.

Durant ce rendez-vous festif, les amateurs ont eu droit à un programme de choix entre valse, tango, paso-doble, boléro et autres madison, rumba. Sans oublier les airs de variété et le bon rock and roll toujours appréciés par les jeunes et les moins jeunes.

Et pour donner le tempo à l’accordéon de Jo Chery, son fils Alain, au synthétiseur et Giovani, au chant et à la batterie, ne se sont pas fait prier pour faire de cette rencontre, une après-midi inoubliable.

« Je travaille régulièrement pour la ville de Pont-à-Mousson », confie celui que tout le monde baptise « Jo », qui s’est pris de passion pour l’accordéon depuis l’âge de 12 ans. Et continuera à faire danser les salles : « Tant que j’aurai la santé ».

Et, manifestement, ça n’est pas ce qui lui manque ! Le 25 décembre dernier, en effet, l’accordéoniste a fêté ses 83 printemps !

Un beau parcours qu’il n’aurait peut-être jamais imaginé lorsqu’à l’âge de 15 ans il anime son premier bal : « C’était pour un mariage à Pont-à-Mousson. » D’ailleurs le musicien raconte, avec nostalgie, qu’il croise encore la mariée en ville.

Avec Lino Ventura pour l’association Perce-Neige

Et l’aventure ne fait que commencer, lorsque trois ans plus tard, il poursuit ce genre d’animation en rejoignant une formation de Toul. « C’était Titi César, avec Pedro Gonzales. Et ça a duré une dizaine d’années », se remémore l’accordéoniste originaire de la cité de Duroc, domicilié à Norroy-lès-Pont-à-Mousson. Avant de s’essayer à la musique tsigane « avec l’orchestre nancéien de Georgy Lakatos ». Puis de rejoindre un autre musicien et sa formation, le fameux Roland Chopinez, dont la réputation dépasse largement les frontières du département. « J’ai joué avec lui pendant quarante ans », se souvient l’accordéoniste mussipontain révélant quelques grands rendez-vous inoubliables : « Nous avons joué à la tour Eiffel, à l’Hôtel royal au Luxembourg, à l’hôtel de Paris », se remémore avec bonheur celui qui raconte avoir eu la chance également de se produire à Monaco. Et de rencontrer un monstre du cinéma français : « Nous avons joué pour l’association Perce-Neige de Lino Ventura et il était présent ! »

De beaux souvenirs, « ainsi qu’une collaboration avec Christelle Delorne et Ted Valentin ». Et une vie artistique bien remplie qu’il continue d’illuminer avec sa propre formation « Jo Chery », créée en 1988. Un engagement qui lui a valu « de connaître toutes les salles de l’Est de la France » et d’animer une kyrielle de soirées de la Saint-Sylvestre. Un enthousiasme qui n’est pas près de s’arrêter, même si aujourd’hui, le passionné d’accordéon a réduit quelque peu son périmètre d’intervention, se cantonnant à la Moselle et à la Meurthe-et-Moselle.

D’ailleurs, pas plus tard que jeudi en huit, il se produira avec son orchestre à Magny près de Metz pour un thé dansant. Et quelques jours plus tard à Thiaucourt, puis à Blénod.

Une belle occasion pour les danseuses et danseurs présents de découvrir ou redécouvrir « Jo Chery de ces dames », à l’agenda déjà bien noirci pour l’année 2016. Un musicien qui a usé une dizaine d’accordéons, en quelque soixante-dix ans !

Martine SCHOENSTEIN